L’éveil des consciences

Ceci est un travail de fin d’étude avant l’entrée en université, d’un étudiant belge de 17 ans qui pouvait proposer un sujet de son choix.

Il a opté pour un sujet, et pas n’importe lequel:

« L’ouverture des consciences à l’Amour »

Table des matières


Introduction…………………………………………………………………………………………… 1

1. L’aspiration humaine à la spiritualité…………………………………… 4

1.1. L’éveil de la conscience…………………………………………………………………………. 4

1.2. L’être occidental et la spiritualité……………………………………………………. 6

1.3. Les questions existentielles………………………………………………………………… 9

1.4.  Qui suis-je ?  Quelle est ma nature profonde ? ………………………………….. 10

1.5. La peur de la mort.……………………………………………………………………………….. 11

2. Les grands cadres classiques de l’éveil………………………………. 13

2.1. La philosophie……………………………………………………………………………………….. 13

2.1.1. Socrate, l’accoucheur des esprits ……………………………………………………… 14

2.1.2. Platon (427-347 avant J-C)……………………………………………………………………. 16

2.1.3. Aristote: philosophe et scientifique…………………………………………………… 19

2.2. L’éthique……………………………………………………………………………………………….. 20

2.4. Le rôle des religions……………………………………………………………………………. 24

3. Quelques outils pour un chemin d’intériorité………………….. 25

3.1. Les événements négatifs de notre vie…………………………………………………. 25

3.2. Vivre le moment présent……………………………………………………………………… 27

3.3. Chercher la nature profonde de l’être pour pardonner………………….. 29

3.5. Vivre avec les autres……………………………………………………………………………. 32

Conclusion……………………………………………………………………………………………… 34

Annexes…………………………………………………………………………………………………….. 36

Annexe 1. Vocabulaire abstrait………………………………………………………………… 36

Bibliographie…………………………………………………………………………………………. 40


 

 

 

 

 

Introduction

 

Comment agir de manière « juste » ? Quelles sont les « bonnes » valeurs? Comment vivre heureux, en paix avec ceux qui nous entourent? Comment respecter les autres et le monde tout en exploitant notre potentiel au maximum ? Quels sont nos droits et nos devoirs envers les autres ? Comment vaincre la peur de la mort ? Qui sommes-nous réellement ?  Et enfin, comment atteindre le bonheur? Voici le genre de questions que j’ai développées dans ce travail. Y répondre de manière arbitraire n’est absolument pas mon but. J’analyse différents aspects de la question pour donner des pistes de réflexions et présente mon point de vue. Je n’oblige personne à partager mes opinions, cela relèvera de l’appréciation de chacun.

L’éveil de la conscience peut sembler un titre assez énigmatique pour un travail de fin d’étude. Mais, c’est pour moi, l’occasion de développer des thèmes existentiels importants. Je parlerai de spiritualité, des questions existentielles, de philosophie, de religion, de la peur de la mort….

L’éveil de la conscience représente pour moi le fait d’avoir atteint la sagesse. Il m’est bien sûr impossible d’apporter la sagesse à travers un écrit étant donné que je n’ai pas encore atteint cet objectif du tout. Il m’est aussi impossible de faire une synthèse exhaustive de tous les concepts menant à l’éveil. Mais ce sujet me tenait à cœur car il me passionne et qu’il me semble fort important. Je vais donc développer différents thèmes de ce domaine, ceux qui me paraissent les plus intéressants, à savoir: la philosophie, la peur de la mort, le bonheur… Je ne pourrai pas non plus cerner ces sujets dans leur totalité, je vais donc en présenter les aspects qui, à mon sens, sont importants ou du moins liés à l’éveil.

 

La sagesse est un thème très vaste et subjectif car chaque personne la vit selon sa propre manière d’appréhender les choses. Les origines des populations (tibétaine, amazonienne…) font qu’elles appréhendent la sagesse de manières différentes, les bases culturelles aussi peuvent être différentes. Mais les « sages » ou gens « éveillés » s’accordent tous pour dire que dans ce domaine, rien n’est absolu. Il n’y a pas une vérité qui prédomine sur toutes les autres. Ce réseau de pensées profondes forme un tout plus ou moins cohérent qui, une fois acquit, améliore le quotidien de la personne éveillée principalement en modifiant ses perceptions.

Je ne peux pas réaliser un travail sur la sagesse sans aborder le rôle des religions dans l’éveil des consciences, leurs effets négatifs et positifs… La religion fut à mes yeux le plus grand ferment de l’évolution spirituelle humaine, mais ses dérapages provoquèrent aussi les plus grands égarements sur la voie de l’éveil. C’est pourquoi il me sembla important d’analyser le rôle des religions. Je parlerai bien sûr plus du christianisme que des autres religions étant donné ma culture. Si  mon analyse est parfois sévère envers la religion, veuillez bien croire que mon but n’est pas de la discréditer, mais de réfléchir à ce qui permettrait d’éviter d’éventuels nouveaux dérapages.

 

A plusieurs reprises, je présente les pensées de certaines personnes en m’efforçant de leur être le plus fidèle possible. Mais malheureusement, nous interprétons toujours les informations que nous recevons. Selon le vécu de la personne, l’information peut avoir un impact très différent. Nous ne sommes pas dans la tête des gens, et le seul moyen que nous ayons de savoir ce à quoi ils pensent est le langage. Ce moyen convient bien pour échanger des informations simples et banales. Mais dès qu’il s’agit de notions plus profondes, la tâche devient plus compliquée. En effet, les termes plus abstraits laissent une très grande place à l’interprétation. C’est pourquoi je me suis efforcé d’être le plus explicite possible. Cependant, il est fort possible que certains problèmes de langage ou d’interprétation viennent parasiter les informations que je veux transmettre. Pour amoindrir cette lacune, j’explique en annexe ce que j’entends par certains mots abstraits comme l’âme, Dieu, etc…

Je ne cherche pas à être totalement cohérent ou logique. Le sujet que j’ai choisi ne me le permet pas. Si je me souciais de suivre une logique implacable, je limiterais en quelque sorte le contenu de mon travail. On ne peut pas analyser de manière cartésienne ce qui est spirituel. Cependant, mon propos s’articulera autour des trois grands axes qui ont sous-tendu ma réflexion : l’aspiration humaine à la spiritualité, les grands cadres classiques de l’éveil et quelques outils personnels vers plus de spiritualité.

 

1. L’aspiration humaine à la spiritualité

 

1.1. L’éveil de la conscience

 

L’éveil de la conscience désigne le fait d’appréhender et d’appliquer certaines vérités, certains concepts. Il s’agit d’un tout reprenant beaucoup de valeurs que l’on peut rapprocher de la philosophie, la spiritualité. J’aurais pu prendre comme titre l’élévation de l’âme[1] par exemple ou la sagesse. Tous ces termes décrivent une réalité qui pousse certaines personnes à rechercher quelles valeurs sont justes, comment les appliquer; comment vivre heureux, en paix avec nous-mêmes et ce qui nous entoure… L’éveil de la conscience ne concerne pas le matérialisme. Il s’agit donc d’une recherche des « bonnes »  valeurs, d’une évolution au niveau de l’esprit. Il est important de préciser que pour devenir sage, aucun chemin n’est tout tracé. L’éveil est quelque chose qui transcende les coutumes, les façons de penser, les cultures, etc… Les gens sages, qu’ils soient au Tibet, en Amérique du Sud ou en Occident, sont arrivés à ce même but qu’est l’éveil spirituel mais par des moyens parfois très différents.

 

L’âme est une des composantes de l’être humain. Ce terme désigne tout ce qui nous relie à la transcendance, à Dieu[2], au Sacré. C’est la partie de notre esprit qui est en communion avec le Sacré. Par exemple, pour les chrétiens et les juifs, Dieu  aurait insufflé l’âme à l’être humain, elle viendrait directement de lui, de son souffle. Cela signifie que chaque être humain a hérité d’une part de divinité: l’âme.  La spiritualité consiste en une élévation de l’âme. Le principe étant de développer cette part de divin que nous possédons pour nous rapprocher de notre Dieu. Cela signifie de manière plus concrète l’assimilation de certains concepts  dit « spirituels » . Ces concepts[3] sont très nombreux et peuvent être parfois différents selon les façons de penser, les religions… cependant, ils forment un tout plus ou moins cohérent qui permet d’acquérir des valeurs que l’on prête à la sagesse (l’amour, la patience, le bonheur, la compassion, etc.). L’acquisition de ces valeurs permet de mener une vie plus agréable, en paix avec nous-mêmes et les autres.

Je pense qu’il est nécessaire de prendre connaissance de beaucoup de points de vue différents pour trouver sa propre voie d’éveil.  Il faut aussi savoir que la sagesse ne peut être acquise uniquement en lisant ou en écoutant. Certaines lectures ou discussions peuvent beaucoup aider car il faut connaître avant de choisir mais il ne faut pas attendre d’elles qu’elles nous apportent la sagesse sur un plateau. Les principes spirituels doivent s’intégrer progressivement en nous, ils doivent être vécu et assimilé pour porter leurs fruits. Dans cette tâche, les religions, les sages, les livres… nous mettent sur la voie, c’est à nous ensuite d’élever vraiment notre âme.

 

J’ai trouvé sur Wikipédia une définition de la spiritualité un peu plus technique et complète. Je trouve qu’elle cerne bien ce concept

 

« La spiritualité est un ensemble de croyances, de pratiques et d’études qui traitent de l’être vivant en relation avec sa nature essentielle, son âme ou son esprit, par opposition à sa nature matérielle, son incarnation et son apparition éphémère dans le monde. La spiritualité conduit ses adeptes à des démarches qui ne sont pas seulement intellectuelles mais également émotionnelles et mystiques, cherchant à générer l’expérience religieuse (dans le sens étymologique et non dogmatique de se relier à « plus grand que soi », Dieu, le Soi, la Conscience, l’Ame).
Bien que les traditions spirituelles se soient naturellement développées avec le temps sous forme d’Églises, de dogmes et de principes plus ou moins répandus, l’aspiration spirituelle (en tant que besoin de chercher l’éternité cachée derrière l’évanescence du monde, ou le Principe Premier), existe depuis la nuit des temps, selon certains comme un moyen de ne pas confronter la réalité de notre condition de mortel et selon d’autres comme la mémoire intrinsèque de l’immortalité de l’âme. »
[4]

 

 

 

 

1.2. L’être occidental et la spiritualité

 

Pour voir clairement où en est l’être humain occidental, il faut prendre du recul et comprendre chacune des étapes qui nous ont amenés aujourd’hui au stade où nous en sommes par rapport à notre façon de penser et de fonctionner. Pour comprendre le présent, il faut avoir conscience que notre vision du monde a été façonnée par nos prédécesseurs. 

Revenons mille ans en arrière, au Moyen Age, en occident. A cette époque, c’est le clergé qui décide de ce qui est vrai ou pas, de ce qui est bien ou mal, etc…  Il n’y avait qu’un moyen d’obtenir son salut pour les chrétiens : suivre les valeurs que prônait l’Eglise. Les gens ne savaient pas lire et n’avaient pas l’esprit critique aussi développé qu’aujourd’hui, c’est pourquoi la plus grande partie de la population, les paysans, ne démentait pas les dire ecclésiastiques. Ils avaient le choix de suivre comme des moutons toute une série de « lois » et espérer le salut ou sombrer dans le péché et être voués à brûler en enfer. Les gens excommuniés à l’époque étaient très mal vus. Beaucoup pensent que Dieu a placé l’homme au centre de l’univers et cela dans un seul but : qu’il gagne ou perde son salut.

A l’époque, ce n’était pas grave d’être pauvre ou lésé car si nous suivions les préceptes de l’Eglise, nous serions récompensés au centuple dans notre seconde vie. « Bienheureux sont ceux qui sont persécutés pour la justice : car le royaume des cieux est à eux» Mt 5,10. Les hommes d’église sont là pour interpréter les Ecritures et dire à chaque pas si l’on est en accord avec Dieu ou trompé par le Malin. Tous les phénomènes naturels, tremblement de terre, mort d’un proche, naissance d’un enfant mal formé ou handicapé…  procèdent soit de la volonté de Dieu soit de la méchanceté du Diable. En l’an mil, les sciences ne sont pas encore très développées et les gens se contentent de croire l’Eglise, ils n’ont  aucune raison de chercher d’autres réponses aux  questions existentielles, comme « d’où venons-nous ? » ou « qu’y a-t-il après la mort ? », car on leur en présente comme si elles étaient établies et incontestables.

 

Puis, petit à petit toutes ces valeurs se désagrègent. Aux alentours du 15 ème siècle le clergé viole ses propres lois en monnayant le salut. La vision médiévale commence à se défaire, les gens sont perdus. Les personnes qui dictaient toutes leurs actions sombrent dans une période d’opulence et de vices totalement en désaccord avec leurs principes. Les hommes d’église ayant perdu leur crédibilité, les gens ne savent plus vers qui se tourner. S’ils ont tort, alors qu’est ce qui est vrai ? Ce fut un grand choc pour le monde occidental car l’être humain a tendance à apprécier inconsciemment qu’on lui dicte ses actions. Les gens de l’époque ont perdu toutes les réponses aux questions philosophiques, l’occident est dans un état général de trouble spirituel. De plus, la séparation entre protestant et catholique apporte encore un élément de doute en plus sur ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas.

 

Dans le même temps, une autre discipline commence à se démarquer : la science. Se basant sur des observations, des conclusions et des vérifications, elle démontre une autre réalité plus concrète que la précédente. Les gens, désabusés, attendent de la méthode expérimentale qu’elle leur apporte enfin des certitudes sur le monde.  Au 17ème siècle, Galilée invente un télescope bien plus puissant que les autres. S’appuyant sur ses observations et la thèse de Copernic, il prouve sans erreur possible que la terre n’est qu’une planète parmi d’autres tournants autour d’un petit soleil semblable à certaines étoiles. L’humanité a perdu sa place centrale et notre spiritualité en subit de grosses conséquences. Que peut donc bien signifier tout cela ?   

Au 19ème siècle, les gens se tournent vers la science pour obtenir des réponses à leurs questionnements. Ayant perdu leurs certitudes sur un univers régi par Dieu, ils ont attendu de la science qu’elle les éclaire sur le sens de la vie, sur le but et les origines de l’homme. Malheureusement, l’univers est tellement complexe que nous n’arrivions qu’à reculer nos questions de plus en plus loin sans jamais atteindre de vérité absolue. La méthode scientifique ne pouvant apporter une explication concernant Dieu et le sens de la vie humaine, il s’ensuivit un grand vide spirituel dans la culture occidentale. Puisque personne ne peut donner de véritables solutions spirituelles, pourquoi ne pas mettre tout cela de côté et  faire un pacte avec le monde tel qu’il est ? Nous avons alors développé la technologie en exploitant toutes les ressources que la nature nous offrait et en utilisant cette discipline extraordinaire qu’est la science. Ce chemin fut couronné de succès, nous nous sommes éloignés de la spiritualité pour ne plus nous consacrer qu’à la recherche de confort, de sécurité, etc. avec le progrès matériel comme seule fin. Maintenant il est temps de prendre du recul et de comprendre ce qui s’est passé. Nous nous sommes perdus dans ce qui n’était, au début, qu’un simple intérêt mais qui est devenu un besoin vital, voire un but réel, de la vie. Il nous a fallu la sécurité économique et physique pour remplacer la sécurité spirituelle que nous avions perdue. Certaines personnes aujourd’hui ont éradiqué la recherche spirituelle (réflexion à propos des questions existentielles, méditation, prière, etc…) pour se consacrer à leur position, apparence, richesse… Mais ces gens ne savent toujours pas où ils vont, ni pourquoi ils sont sur terre… Ils ne se posent même pas la question. Le confort excessif, l’argent, l’apparence ne sont pas des valeurs profondes, elles ne nous apportent aucun bonheur durable. Nous sommes tôt ou tard rattrapés par nos angoisses. Que ce soit par le biais de la mort d’un proche, de la découverte de nos faiblesses, de l’injustice, etc… Les questions existentielles seront toujours remises sur le tapis. De toute façon, la terre ne tiendrait plus très longtemps au rythme auquel nous brûlons ses réserves. Il faut comprendre cette impasse dans laquelle le monde occidental se trouve et  retourner aux valeurs spirituelles. Mais cette fois-ci nous avons compris que personne ne peut dicter les méthodes, tout doit se passer en nous, le chemin de l’éveil est long et propre à chacun. Il est évident que les choses extérieures comme les religions, les conférences, les livres, nous inspirent et nous aident sur ce chemin mais il faut rester les auteurs de nos opinions.  Il semblerait que de plus en plus de gens suivent cette voie et se révoltent face à une société devenue trop cupide, trop matérialiste et trop individualiste.

 

 Il n’y a bien sûr aucune preuve que les consciences soient en train d’évoluer mais cette façon de voir les choses apporte la confiance en l’être humain et l’espoir dans nos esprits trop souvent pessimistes. J’aime à penser que l’évolution de la complexité a commencé avec la formation des atomes, des molécules, de la vie, etc. Tout cela au niveau de la matière, mais maintenant que la complexité est à un stade avancé (le cerveau humain dispose de milliards de connexions et son mode de fonctionnement est très élaboré) la nature nous a dotés de la pensée et d’un statut privilégié sur la planète. Nous incombe alors la tâche de poursuivre le processus de développement, non plus au niveau de la matière mais au niveau de l’esprit. Maintenant, nous sommes libres de penser ce que nous voulons en Occident, plus aucune obligation de croyance n’est imposée comme étant la seule vraie. Rendons-nous compte de cette chance et profitons-en pour penser par nous-mêmes. Nous n’avons plus besoin de mythe ou de religion pour répondre à nos questions et nous dire comment vivre notre spiritualité. Certes, les religions sont très enrichissantes si les textes sont bien interprétés, mais je pense qu’il est mauvais de les suivre aveuglément. Le principal acteur de notre spiritualité, ce n’est pas Dieu, Jésus ou Bouddha, c’est nous. La liberté de penser et de croire est importante pour être le sujet de notre spiritualité et non l’objet. La religion doit être un chemin vers les autres et vers Dieu et non un carcan de principes pour donner bonne conscience.

 

1.3. Les questions existentielles

 

D’où vient la vie ? Quel est son but ? En a-t-elle seulement un ? Où allons-nous ? Tous ces questionnements paraissent inutiles et sans réponse pour certains, et pourtant…  Ces interrogations sont présentes depuis que l’être humain a pris conscience de lui-même et de son entourage, ce qui remonte au paléolithique… Je ne pense pas que ce soit insignifiant car il y a bien longtemps que tous les hommes passent par l’étape du questionnement existentiel au moins une fois dans leur vie. Je dirais même que c’est en y répondant que l’on avance sur le chemin de l’éveil. En effet, ces réponses nous dévoilent petit à petit le sens de notre vie.  Entendons-nous, je ne dis pas qu’il faut à tout prix répondre clairement à toutes ces questions pour réussir sa vie. Cela permet néanmoins d’avancer d’un pas plus assuré dans le quotidien. Etant donné qu’il n’existe aucune réponse absolue, on ne doit jamais affirmer aux autres que notre théorie est la bonne ni essayer de les convaincre de nos opinions. Chacun possède un parcours différent, par conséquent chacun se pose des questions différentes et trouve des réponses qui lui sont propres. Si quelqu’un affirme que le monde et la vie ne sont que le fruit du hasard et que rien n’a de but, il ne sert à rien d’essayer de le convaincre de l’existence d’un dieu quelconque, cela ne ferait que l’exaspérer, et vice versa. Néanmoins, dans le respect, la confrontation  d’idées ou de points de vue

 

Je pense que les personnes cherchant l’éveil sont amenées à redécouvrir ces questions de leur adolescence mais sous un tout autre angle. Pour elles, ce n’est plus une torture de l’esprit mais un accomplissement personnel d’y répondre. Les gens ayant commencé cette quête évoluent spirituellement chaque fois qu’ils font un pas de plus vers leur vérité.

Je pense que certaines coïncidences ne sont pas là par hasard et qu’elles nous guident vers  un chemin plutôt qu’un autre. Notre « devoir » d’être humain du 21ème siècle est, à mon sens, de poursuivre l’évolution naturelle au niveau de l’esprit comme je l’ai expliqué dans le sujet précédent[5]. En parallèle avec toutes ces « coïncidences » qui ont permis à la matière de s’organiser[6], elles permettraient maintenant à l’esprit humain d’évoluer. C’est à nous de repérer ces coïncidences qui nous mènent sur le chemin le plus épanouissant  pour nous, celui que Dieu aimerait que l’on suive. Le chemin que Paulo Coelho appelle la Légende Personnelle dans son livre « l’alchimiste »

 

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1.4.  Qui suis-je ?  Quelle est ma nature profonde ?

 

Parvenir à trouver la réponse à cette question est un très grand pas sur le chemin de l’éveil. Très peu de gens savent y répondre de manière juste. Au jour où je vous parle, je n’en ai aucune idée. Si, je suis Brieuc… Mais au fond, qui est ce Brieuc, que fait-il sur terre, comment est-il quand on le voit sans aucun concept ? Nous nous rendons tous bien compte que dire d’un individu « C’est un charpentier de 32 ans assez robuste » ne le définit en aucune manière puisque charpentier est une fonction mais non sa nature profonde et l’âge n’est qu’un concept temporel. La personne[7] est plus que l’image qu’on en a et est tellement vaste qu’on ne peut la classer entièrement dans aucune catégorie. L’individu à des limites concrètes comme le corps, l’histoire, mais d’autres de ses caractéristiques comme la personnalité n’en ont aucune. On ne peut donc pas définir une personne dans son entièreté. C’est pourquoi tous les à priori, les jugements hâtifs ou définitifs sont injustes.

Cela voudrait dire que pour connaître quelqu’un, il ne faut pas se référer à ces éléments superficiels qui mènent souvent à des stéréotypes et des préjugés. Je pense que justement il faut ôter toutes ces étiquettes qui « nous définissent » comme la profession, la nationalité, pour voir la personne telle qu’elle est.

 

Il existe plusieurs moyens pour découvrir notre personne profonde mais la plus efficace est la méditation. Pour se connaître vraiment, il faut se délivrer de toutes les étiquettes qu’on nous colle ; mais aussi de ses propres concepts qui modifient notre manière d’être en général. Or la méditation n’est rien d’autre que se vider l’esprit de tout ce qui l’encombre à la recherche de son vrai « soi intérieur ».

 

 

 

 

 

 

 

 

1.5. La peur de la mort.

 

« Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l’homme, ce n’est pas la mort, mais la crainte de la mort. » Epictète

 

Un élément fondamental nous distingue de  l’animal, c’est la conscience de notre finitude, conséquence directe de notre pensée. Surtout chez l’homme occidental, la mort ou la finitude des choses crée un malaise qui tourne parfois à l’obsession. L’homme civilisé aime les choses claires, logiques, certaines et a peur de ce qu’il ne connaît pas. Etant donné que personne ne sait affirmer et expliquer clairement ce qui se passe après la mort, nous en avons peur. Et si tout s’arrêtait, si tout notre être était voué à disparaître dans sa totalité ? Cette citation de Jules Renard illustre bien cet état d’esprit: « La mort est douce: elle nous délivre de la pensée de la mort ».

 

Pour l’être éveillé, la finitude n’est pas une fatalité car il a pris conscience de certaines choses. La vie dont nous disposons n’est déjà pas entièrement la nôtre. Nous la devons à nos parents mais avant tout à la nature. De plus, elle n’est pas entièrement notre œuvre; elle est l’œuvre de tous. Il faut cesser de voir sa vie « le nez dessus », de se préoccuper de problèmes futiles qui ne sont que temporaires. La vie est bien plus que ça. Elle est le résultat de toute l’évolution. Notre vie est influencée par tous nos contemporains et par tous ceux qui nous ont précédés. Voilà pourquoi il est égoïste de s’en croire le seul artisan. De la même manière que le TOUT a influencé notre vie, nous agissons et modifions ce TOUT. Je ne crois pas en la résurrection ou en la vie après la mort de manière matérielle. Simplement, chaque personne laisse une empreinte sur ce monde et celui-ci continue d’évoluer en gardant constamment cette empreinte. C’est là que se situe, à mes yeux, l’immortalité.

 

Pour moi, les religions sont là pour être interprétées par chacun et que chacun y trouve une sorte de guide.

Je voudrais ici faire un lien avec la religion catholique. Selon les actes que l’on a faits de son vivant, on passe l’éternité au paradis ou en enfer. Nous avons notre libre arbitre qui nous permet de choisir délibérément nos actions. Nous pouvons donc essayer d’agir de la meilleure manière que nous pouvons ou de ne pas nous soucier de ça et ne penser qu’à notre intérêt personnel. C’est ici que les valeurs chrétiennes prennent leur importance. La Bible nous dit d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, d’œuvrer pour le bien de la communauté, etc. Les gens éveillés ont compris que ce sont des principes exemplaires qui permettent de laisser une empreinte positive dans ce monde. Ainsi, l’éternité passée en enfer ou au paradis, comme le dit la religion, est définie par nos actes sur terre. Mais le paradis ou l’enfer ne sont à mes yeux que l’impact que nous laissons au monde.  S’il est positif, le monde à notre mort sera un peu meilleur qu’à notre arrivée. Et il continuera d’évoluer avec cette trace positive toute l’éternité. Le paradis!

S’il est négatif, ce sera l’inverse et nous ne pourrons plus rien y changer, autrement dit, l’enfer.

La mort n’est pas la fin de tout, ce n’est que la fin de notre vie terrestre. Il ne faut pas en avoir peur, la Vie continue avec l’empreinte que nous lui laissons.

 

 

2. Les grands cadres classiques de l’éveil

 

2.1. La philosophie

 

« C’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir que de vivre sans philosopher (…)  La philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique (…) » René Descartes

 

Il est évident que les philosophes, de tous temps, ont contribué à faire évoluer l’esprit humain. Ce sont principalement eux qui ont permis la découverte de cette capacité extraordinaire qu’est la pensée. Ils ont exploré petit à petit son pouvoir et sa portée. Ces gens qui avaient compris comment se servir de leur esprit ont découvert énormément de choses sur le monde, la nature et l’être humain. Les philosophes font abstraction des questions frivoles qui occupent la plupart des esprits humains et recherchent ce qui est éternellement vrai, beau et bien. Ils utilisent leur raison, un outil infaillible et commun à tout le monde. En effet, si on demande dans une classe quelle couleur est la plus belle, nous obtiendrons différentes réponses car ceci est un jugement de valeur lié aux émotions. Par contre si on demande combien font trois fois quatre, tout le monde répondra la même chose car il s’agit d’un raisonnement logique. La raison a donc un caractère absolu. Les philosophes de l’Antiquité s’intéressaient justement à ce qui dure dans le temps, ce qui concerne tout le monde et ce qui est absolu.

 

Je vais ici parler principalement des philosophes grecs car je pense que ce sont eux qui ont le plus influencé notre façon de penser aujourd’hui. En effet, ils sont un très bon exemple de la portée d’un esprit développé. Ils excellaient souvent dans plusieurs domaines à la fois comme les mathématiques, la philosophie, toutes les sciences, la rhétorique.  Cela  prouve que l’art de penser nous ouvre des portes infinies. Je vais expliquer de manière fort synthétique l’histoire de ce mouvement en présentant, dans les grandes lignes, certains philosophes qui ont apporté les fondations de ce chef-d’œuvre spirituel qu’est la philosophie.

 

2.1.1. Socrate, l’accoucheur des esprits

(469-399 av. Jésus-Christ, Athènes)

 

« CONNAIS-TOI TOI-MEME » Socrate

 

Socrate n’ayant rien écrit, on ne peut dire de lui que ce que ses élèves en ont dit. Le plus connu est Platon dont l’œuvre rapportant son enseignement devint un modèle pour les philosophes de l’occident.

Selon Platon, l’enseignement de Socrate produisait essentiellement des effets négatifs chez les gens car son discours visait toujours à débarrasser l’interlocuteur du personnage qu’inconsciemment il joue et de ses idées toutes faites. Sa méthode consistait à jouer les ignorants, il posait des questions comme s’il ne savait rien et petit à petit faisait découvrir les failles du raisonnement de l’autre en lui posant d’autres questions. Toutes ses certitudes s’effondraient alors, comme s’il sortait du sommeil, comme si enfin il s’éveillait à lui-même. Selon Platon, Socrate faisait prendre conscience aux gens qu’ils vivaient mal et pensaient mal. Certains, séduits par sa façon de penser, devinrent ses élèves et découvrirent alors la vérité sur eux-mêmes, sur le divin enfoui en eux. Il est intéressant de remarquer les similitudes avec les croyances catholiques: Dieu créa l’homme à son image, puis se fit homme lui-même au travers de Jésus. Cela voudrait dire en effet que nous avons tous une part de divin en nous  et que c’est elle que nous devons exploiter pour parvenir à l’idéal humain que les catholiques représentent par le Christ.

 

 Socrate combattait l’ignorance, la seule cause du malheur et de la méchanceté des hommes à ses yeux. Pour lui, l’ignorance naissait de l’aveuglement sur soi-même. Après avoir reçu un « appel divin », il se mit à arpenter les rues, questionnant les uns et les autres pour essayer de faire « accoucher leur esprit », un art qu’il appelait la « maïeutique » (terme qui désignait à l’époque le métier de sa mère, une sage femme).

 

Il croyait en cette petite voix intérieure qui nous guide sur le chemin le plus juste pour nous et essayait de la faire découvrir à chacun. Il éclairait chacun sur ce qui est juste, bien, beau, utile c’est-à-dire les valeurs vers lesquelles nous devons nous orienter. Selon lui, tous ces concepts sont inscrits au plus profond de nous, il faut juste gratter la couche de pensées superficielles que la société inculque aux hommes. Malheureusement ses actions ne plurent pas au gouvernement de la Grèce de l’époque et il fut condamné à mort. Mais même face à cette épreuve, il témoigna d’une immense sagesse. Il accepta le sort que son destin lui réservait, supposant qu’il avait accompli sa mission. De fait, il donna naissance à de grands courants de pensée philosophique et même plus de deux milles ans après, il n’a pas fini de nous faire réfléchir. Curieusement, les différents courants philosophiques nés de Socrate sont très différents les uns des autres. Probablement à cause du fait qu’il n’ait laissé aucune trace écrite. Cela pose toujours des problèmes car, comme dans le cas de Jésus, nous ne savons jamais où s’arrête la réalité et où commence l’interprétation de celui qui rapporte les faits. De même nous ne savons pas si Socrate pensait réellement tout cela, les pensées de ceux qui ont parlé de lui influencent toujours leurs écrits.

La philosophie apportât énormément au monde spirituel. La religion catholique également. Il est surprenant de constater que les points communs entre Jésus et Socrate sont fort nombreux. Ils sont en effet les deux « Messie » d’une discipline qui va faire évoluer les consciences, ils n’ont laissé aucune trace écrite, ce qui nous rend dépendant de l’image que leurs disciples nous ont donnée. Ils étaient tous deux experts dans l’art de parler, ce qui leur valait d’être parfois admirés, parfois détestés. Cela leur coûta à tous les deux la vie et le fait qu’ils ne perdirent pas leur calme, ni leur foi face à cette épreuve contribua à répandre leurs idées. Ils provoquaient tous les deux l’ordre établi et remettaient tout en question. Ils se sentaient tous les deux envoyés par une force divine qui les guidait à chaque pas. Ce dernier point est à mes yeux le plus intéressant car  il corrobore la thèse qu’il existe une puissance supérieure qui s’efforcerait de faire évoluer l’esprit de l’homme. Certains perçoivent mieux Ses intentions comme Socrate, Jésus, Gandhi, le Dalaï Lama….

 

 

 

2.1.2. Platon (427-347 avant J-C)

 

Platon fut le disciple de Socrate durant sa jeunesse. Il avait 29 ans quand Socrate fut condamné à mort et il suivit son procès de très près. Le fait qu’Athènes puisse condamner à mort l’homme le plus éminent de la ville le marqua à tout jamais et influença beaucoup son orientation philosophique. Cela mettait en évidence, pour Platon, le fossé qui sépare ce qui est idéal, ce qui est juste et les principes de la société de l’époque. Un des rôles des philosophes est de réduire ce fossé. C’est ce que Platon tenta de faire. Il créa une académie qui enseignait la philosophie, les mathématiques et la gymnastique. C’est sûrement grâce au fait que cette académie était située en dehors d’Athènes que la plupart des écrits de Platon ont été conservés. Son académie ne fonctionnait pas du tout comme les écoles d’aujourd’hui: les cours se donnaient dans des jardins qui portaient le nom du héros grec Académos (d’où le nom Académie). La manière d’enseigner que préférait Platon était le débat d’idées aussi choisit-il comme style littéraire privilégié le dialogue.

 

a. A quoi s’intéressait Platon ?

On peut plus ou moins dire qu’il s’intéressait aux rapports entre ce qui est immuable et ce qui est éphémère. Les sophistes pensaient que la notion de bien et de mal était relative et qu’elle pouvait donc changer en fonction de l’époque. Socrate et Platon n’acceptaient pas cette conception, ils étaient convaincus qu’il existait certaines règles intemporelles, immuables concernant le bien et le mal. Et selon eux, en utilisant notre raison correctement, il nous serait possible d’atteindre ces vérités fondamentales car la raison a elle aussi un caractère immuable et éternel. Platon essayait d’appréhender ces vérités intemporelles dans différents domaines (nature, morale, vie sociale etc…).

 

 

 

b. Le monde des idées

Démocrite[8] a constaté par sa réflexion que tout est soumis au changement mais qu’il devait y avoir certaines substances à la base de tout, qui elles ne changeaient jamais: les atomes. Platon était d’accord mais apporta à cette théorie un élément nouveau. Selon lui, tout ce qui est tangible dans la nature est soumis à l’épreuve du temps, susceptible de se transformer, de se dégrader et de disparaître. Mais tout est fait d’après des « moules » intemporels, éternels et immuables. En effet, on peut constater que toutes les girafes ont énormément de points communs. Elles sont toutes amenées un jour à disparaître individuellement mais le moule de la girafe, lui, ne disparaît pas. Platon explique ici pourquoi les atomes de Démocrite, qui eux aussi continuent d’exister après la mort de la girafe, ne vont jamais créer un être hybride qui serait moitié girafe moitié éléphant. Platon soutenait qu’il existe une autre réalité que ce que le monde des sens nous transmet: le monde des idées. Les atomes, après leur libération du corps qu’ils formaient vont être agencés à nouveau selon un modèle bien précis que la nature a façonné et que nous pouvons atteindre par la réflexion. Mais malheureusement, tout ce que nous pouvons voir n’est, selon Platon, que de pâles représentations du moule primordial. Le fait que des gâteaux que l’on ferait avec un même moule de girafe seront tous un peu différents et moins parfaits que le concept de la girafe en est un exemple. La théorie des idées peut s’illustrer par une métaphore très claire: c’est comme si chaque être humain vivait derrière un voile. Il y aurait un feu de l’autre côté de ce voile et chaque chose extérieure à nous évoluerait entre le feu et notre voile. Tout ce que nous pouvons apercevoir n’est que l’ombre de ces choses projetées sur le voile. L’image ombrageuse du voile peut être plus ou moins assimilée à la perception de chacun, à ce que les sens nous transmettent. Nos sens modifient les choses, nous n’apercevons qu’un simulacre de réalité.  Platon essayait de voir les éléments derrière le voile pour appréhender comment sont les choses véritablement. Selon lui, à l’inverse de nos sens, la raison nous permet d’atteindre ces vérités.

 

. L’âme selon Platon

Platon distinguait deux mondes totalement différents. Le monde des sens et le monde des idées. Le premier monde concerne tout ce que nous pouvons appréhender grâce à nos cinq sens, comme la matière, le son, tous les phénomènes naturels, etc. Nous n’avons qu’une approximation imparfaite de ce monde car les sens sont trompeurs et ne reflètent pas exactement la réalité. De plus, ce monde est voué au changement. Rien n’y est permanent ou immuable.

Le deuxième monde nous permet, grâce à notre raison, d’atteindre la vraie connaissance. Le monde des idées est inaccessible pour nos cinq sens, seule la pensée peut l’explorer. Platon pensait qu’on pouvait aussi distinguer deux parties chez l’homme dans le même ordre de différences : nous avons un corps matériel lié constamment à nos sens. Il est éphémère et soumis à des changements. Mais nous avons aussi une âme immortelle qui est le siège de la raison. C’est parce que notre âme n’est pas matérielle qu’elle peut voir le monde des idées. Platon émit encore d’autres idées qui ont sûrement beaucoup influencé les fondements de notre civilisation. Par exemple : l’âme aurait existé avant de venir habiter un corps. Il pensait que les âmes évoluent dans le monde des idées et qu’elles côtoient tous les modèles parfaits. Mais dès que l’âme se réveille dans un corps humain, elle oublie toutes ces idées parfaites. Puis, au fur et à mesure que nous appréhendons les choses avec notre sensibilité, un vague souvenir ressurgit de notre âme et peut nous permettre de retrouver ces concepts parfaits.

Platon divise aussi l’âme en trois parties:

    -le « nous » où logismos correspond à ce qui est rationnel                                              

    -le cœur où le thumos concerne le courage, l’emportement, parfois la colère…         

    -l’élément concupiscible

 

Le « nous » est pour Platon la composante la plus noble de notre âme. La seconde doit être au service de la première pour être bénéfique et pour parvenir à maîtriser la troisième qui, à ses yeux, mène irrémédiablement aux vices. A chacune de ces parties est associée une vertu qui nous permet de tirer la quintessence de nos composantes: la sagesse, le courage et la tempérance auxquelles doit s’ajouter à tous les niveaux, la justice.

 

La vision politique de Platon me semble intéressante mais cela ne rentre pas  dans le cadre de mon travail. J’ai donc placé cette partie en annexe 2, pour ceux que cela intéresse.

 

 

 

 

 

2.1.3. Aristote: philosophe et scientifique

 

« Platon m’est cher, mais la vérité m’est plus chère encore » Aristote

 

Aristote n’était pas athénien, il était originaire de Macédoine. Son père était un médecin réputé et un homme de sciences. Aristote arriva à Athènes quand Platon avait soixante et un ans et devint un de ses élèves les plus assidus. Mais Aristote était différent de Platon: il s’intéressait principalement à la nature vivante des choses, à ce qui est éphémère, ce que nos sens nous permettent de percevoir. On peut donc dire qu’il fut le grand précurseur de la biologie. Il se servit de sa raison comme Platon le lui avait enseigné mais il n’acceptait pas l’idée de se couper du monde des sens. Platon s’est concentré uniquement sur les formes éternelles, sur les idées mais il ne prêtait que peu d’attention aux phénomènes naturels. Il se détourna du monde des sens pour voir au-delà des choses. Aristote fit le contraire, il étudia les êtres vivants, le cycle de la vie, toutes ces choses naturelles qui ne sont pour Platon que les simulacres d’un modèle parfait.  Contrairement à Platon, Aristote écrivait des textes secs, descriptifs fondés sur des recherches de terrain. Il élabora tout un langage scientifique que nous utilisons encore aujourd’hui.

 

A ses débuts, Aristote résuma tout ce que les philosophes de la nature[9] avaient dit avant lui: tout est en perpétuel changement mais quelque chose doit être à la base de tous ces phénomènes. Thalès pensait que c’était l’eau qui était à la base de tout. Anaximandre n’acceptait pas cette idée et pensait que ce qui est l’origine de tout ne faisait pas partie de ce monde, était « infini ». Pour Parménide, rien ne naît de rien. Tout a donc toujours existé et le changement n’est qu’une illusion des sens. Arrive ensuite Héraclite qui soutient que tout s’écoule, rien n’est éternel. Héraclite mit aussi le doigt sur les oppositions inhérentes au monde: nous ne pourrions pas jouir de la paix si nous ne connaissions pas la guerre, nous ne saurions pas ce qu’est la santé si nous n’étions jamais malade, etc… Démocrite réconcilia les deux clans qui s’étaient formés entre ceux qui pensaient que tout était immuable et ceux qui pensaient que tout s’écoule. Pour lui, il existe une structure infiniment petite qui est insécable et qui est la base de tout, l’atome. Cette structure est immuable et éternelle mais elle s’assemble de manières différentes pour créer ce que nous voyons, ce qui est éphémère.

 

Aristote pensa que Platon avait posé le problème à l’envers en disant que les idées étaient à la base de tout. Selon lui, la forme du cheval est éternelle et immuable, mais l’idée que nous nous en faisons n’est qu’un concept inventé par l’homme et qui est venu après que nous ayons vu plusieurs chevaux différents. L‘espèce « girafe » a des caractéristiques propres et éternelles mais le modèle de la girafe  n’existe pas, c’est l’homme qui l’a créé par sa pensée grâce à ces caractéristiques. Pour Aristote, le plus haut degré de réalité que nous percevons nous est donné par nos sens et non pas par notre raison. Platon reste prisonnier, selon Aristote, d’une conception mythique du monde où l’homme projette ses propres représentations et les substitue à la réalité. La raison est la capacité innée que nous avons de répertorier les choses, de les classer et de les comprendre. Mais cette raison est vide avant que nos sens ne nous apportent matière à réfléchir. 

 

 

 

 

 

 

2.2. L’éthique

 

 

« Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer.» Albert Camus

 

 L’éthique est un des domaines de la philosophie, mais j’aurais aussi pu la classer dans les religions car celles-ci ont de tout temps pratiqué cette science. C’est pourquoi, je la présente comme un domaine à part entière. L’éthique est très vaste, elle touche à tous les aspects de la vie humaine et devrait être appliquée par tous au quotidien. En quoi cela consiste-t-il?

 

Dans le langage courant, on peut lui donner comme synonyme la morale.  Faire de l’éthique, c’est établir des critères pour juger si une action est bonne ou mauvaise. Cette capacité est typique de l’espèce humaine. Je suis d’accord avec l’adage qui dit « On ne naît pas humain, on le devient » et selon moi le minimum pour prétendre faire partie de l’humanité  est de s’interroger sur ce qui est bien ou mal. Nous devons l’avouer, tous les êtres humains possèdent encore en eux une partie animale importante. Après tout, comparé à la moyenne d’âge des espèces, l’être humain est jeune. Nous sommes apparus il y a environ quatre millions d’années et les fourmis sont là depuis plus de 100 millions d’années.  Il faut donc essayer de transcender ces comportements animaux qui nous habitent encore trop souvent. Un des moyens en est justement l’éthique.

 

Il y a quelques centaines d’années, les dix commandements auraient presque pu suffire à la bonne marche de la vie en société. Malheureusement la donne a changé, nous avons tellement développé notre pouvoir d’action que le nombre dix devient dérisoire par rapport au nombre de règles qu’il nous faudrait suivre pour agir de manière juste.  Les possibilités de destruction autant que celles de création nous ont amené des questions éthiques jamais abordées auparavant. Ce domaine, au 21ème siècle, doit être énormément développé car son importance est devenue capitale. Je présume que tout le monde s’est déjà posé au moins une fois la question de savoir s’il était raisonnable de créer des armes capable de détruire la terre entière, de créer des espèces hybrides, des clones… Le nombre de ces questions nouvelles va sûrement augmenter dans les siècles qui vont suivre. L’être humain a toujours aimé dépasser les limites. Avant, la nature se chargeait assez bien de les lui fixer. Mais aujourd’hui nous avons dépassé la nature sur beaucoup de points. Les limites ont volé en éclat et il n’y a plus que nous pour nous en créer de nouvelles. Il faut agir vite avant que ce ne soit trop tard et c’est là qu’intervient l’éthique. C’est comme si l’espèce humaine était arrivée à l’adolescence, les règles disparaissent peu à peu et nous profitons de notre liberté. A l’instar des adolescents en général, nous en abusons allègrement. L’éthique peut se comparer à la conscience de cet adolescent qui va petit à petit se développer. Si cette conscience ne se développe jamais, il va continuer à abuser des plaisirs (alcool, drogues, soirées, sexe…) et diminuer fortement son espérance de vie. Avec un peu de recul et en analysant de manière métaphorique, on peut constater que l’humanité est dans la même situation. Si nous continuons à abuser des ressources de la terre (pétrole, forêts…) ou que nous exploitons mal notre potentiel, par exemple en utilisant la force nucléaire à des fins conflictuelles,  nous courrons à notre perte. La différence est que la conscience se développe chez un individu à la fois tandis que l’éthique, en tant que réflexion globale sur la vie humaine, concerne les 6 milliards et demi d’habitants de ce monde. L’évolution devient donc plus difficile. Heureusement, certains ont déjà eu cette prise de conscience. Mais le plus difficile reste à faire, convaincre les autres.

 

D’un point de vue plus concret, l’éthique, c’est se montrer responsable.

 

 

Il pourrait être utile de créer une « convention d’éthique de base universelle ». En effet, même si chaque culture est différente et que les notions de bien et de mal sont relatives, nous pouvons quand même établir des règles larges qui valent pour tous les êtres humains. Comme nous avons fait avec les droits de l’homme mais étendu à tous les domaines. Un exemple en est la règle si simple et pourtant si peu respectée: «  Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ». Si chacun agissait en fonction de cette phrase, le monde tournerait plus juste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.3. La  méditation

 

« Le vrai bonheur est dans le calme de l’esprit et du cœur. »Charles Nodier

 

Pour évoluer spirituellement, il est nécessaire de s’octroyer des moments de répit, des moments où l’on peut se poser, seul et se vider l’esprit pour être plus clairvoyant. C’est lors de ces moments que l’on prend conscience de ce qui nous préoccupe réellement et ce qui nous obscurcit l’esprit. En effet, pour atteindre l’éveil spirituel, il faut évacuer tous les concepts qui sont ancrés en nous et qui modifient notre perception des choses. C’est ici que la méditation prend toute son ampleur. Elle permet de faire le vide dans l’esprit et de se découvrir profondément. En évacuant tout ce qui nous conditionne continuellement, nous mettons notre âme à nu, ce qui nous donne une vision clairvoyante de ce que nous sommes réellement. Comme le dit le proverbe tibétain, « lorsqu’il est libre, l’esprit est naturellement serein, de même que l’eau calme est par nature limpide et claire ». Echapper à toutes ces pensées qui nous assaillent à tout moment n’est pas une mince affaire. Il faut s’entraîner et persévérer, certaines personnes arrivent à méditer dans le métro ou dans une salle d’attente. Les gens qui maîtrisent parfaitement cet art parviennent à « écouter leur âme ». Passer un moment seul avec son esprit lui permet de s’exprimer sans être étouffé par tout ce qui l’encombre. Ce genre d’introspection est très enrichissante si nous parvenons à écouter et surtout bien comprendre ce que notre âme veut nous dire. La simple méditation, sans introspection

 

 

2.4. Le rôle des religions

 

A mes yeux, les religions jouent un rôle important dans l’éveil des consciences car elles renferment toutes des messages très intéressants qui sont d’ordre philosophique, moral, éthique, etc… De tout temps, elles ont été le principal lien entre l’homme et la spiritualité. La religion relie non seulement l’homme au « sacré »  mais elle relie aussi les hommes entre eux.

Il y eut cependant des dérapages où les religions alimentaient la haine envers ceux qui ne partageaient pas les mêmes opinions (croisades, guerres de religion, etc…). Mais mon avis est que la religion, si elle est bien interprétée, a un impact essentiellement positif. Ce n’est que ce que certains hommes en font qui est déplorable. Si chacun bénéficiait d’une bonne éducation et d’un esprit critique développé, l’extrémisme et le fanatisme disparaîtrait, chacun interpréterait les textes de leur religion et en retirerait des messages positifs. En effet, beaucoup sont d’accord pour dire que les écrits, notamment bibliques, sont souvent des métaphores, des paraboles porteuses d’un message philosophique, éthique, spirituel, etc.[10]

 

 J’ai eu l’occasion de redécouvrir la religion catholique sous un autre angle lors de ma retraite à Beauraing, dans une communauté de Jésuites vivant dans la simplicité et la prière.  Lors de la lecture de l’évangile, le prêtre nous permet de poser des questions pour découvrir le message profond du récit. Par exemple, lorsque Jésus touche le lépreux en le regardant avec amour; il le guérit. Cela montre l’importance du contact physique, de l’amour et de la compassion envers les personnes malades ou mal dans leur peau. De fait, il est prouvé que les malades bénéficiant d’attention physique et psychique guérissent plus souvent et plus vite que les malades délaissés par leurs proches.[11]

 

Selon le prêtre jésuite Jean-Marie que j’ai rencontré à Quartier galet (Beauraing), les valeurs du christianisme sont le partage, le respect, la compassion et bien sûr l’amour en toutes circonstances. Ces valeurs sont pour moi une très bonne base de l’éveil spirituel. Les gens qui vivent dans la communauté j

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Quelques outils pour un chemin d’intériorité

 

 

 

Dans cette partie, je vais proposer quelques réflexions personnelles à propos du cheminement dans la spiritualité. Ce sont des « morceaux choisis » tirés de mon expérience, inspirés par mon travail et mes lectures.

 

3.1. Les événements négatifs de notre vie

 

 

« Les soucis d’aujourd’hui sont les plaisanteries de demain, rions-en donc tout de suite. » Henri Béraud.

 

Pour certains, le fait que des malheurs arrivent prouve que Dieu n’existe pas car dans le cas contraire, il empêcherait ces souffrances. Il me semble que cette conclusion est trop hâtive car les événements négatifs de notre vie sont ceux qui nous font le plus évoluer. C’est dans ces moments-là que nous remettons tout en question, notre mode vie, notre manière de voir les choses, d’agir, etc. Il faut parvenir à surmonter ses malheurs, y voir soit un message d’alarme, soit une possibilité d’évoluer et en retirer les leçons adéquates. Je ne dis pas que la famine ou la guerre sont des choses positives, pas du tout. Mais simplement qu’il faut toujours prendre du recul par rapport aux événements négatifs de notre vie et les considérer comme des épreuves mises sur notre route qui peuvent nous être bénéfiques à long terme. Après tout, lors d’un malheur, est-il plus intéressant de se morfondre en retournant les choses négatives dans sa tête ou bien d’essayer de trouver ce que ce malheur peut apporter comme choses positives? Il semblerait que derrière presque tous les malheurs, on peut trouver, aussi infime soit elle, une partie de positif. Par exemple, la perte d’un proche nous apprend le détachement et l’acceptation de la finitude ; une condamnation par la justice peut nous offrir la chance de nous repentir et d’évoluer ; la perte de la mobilité à long terme, si elle est surmontée, peut ouvrir les portes du monde spirituel. Il y a tout de même une restriction à émettre: je ne dis pas à la personne ayant tout perdu d’être satisfaite de son sort.  Il est des malheurs inconsolables… Dans ces cas là, relativiser, chercher un sens et accepter son sort est peut-être la meilleure chose à faire pour conserver son intégrité mentale… Ce n’est bien sûr pas facile à réaliser mais il faut garder l’espoir car chaque difficulté peut être surmontée. Prenons l’exemple des personnes apprenant leur mort imminente qui ne se laissent pas abattre et décident de vivre pleinement leurs derniers jours.

 

En pensant à « Maktub » de Paulo Coelho je me suis souvenu d’un petit conte  illustrant assez bien l’idée que les choses négatives nous amènent souvent vers des choses positives à long terme. Le voici:

 

« Allons jusqu’à la montagne qui est la demeure de Dieu, suggéra un cavalier à son ami. J’ai l’intention de prouver qu’Il ne sait qu’exiger et ne fait rien pour alléger notre fardeau.

 -Eh bien, je vous accompagne pour démontrer ma foi, répliqua l’autre.

Ils atteignirent le soir le sommet de la montagne, et ils entendirent une Voix dans l’obscurité: -Chargez vos chevaux des pierres qui jonchent le sol…

-Vous voyez? fit le premier cavalier. Après l’ascension que nous venons de faire, Il veut encore alourdir notre charge! Jamais je n’obéirai.

Le second cavalier obtempéra. Lorsque enfin ils arrivèrent au pied de la montagne, l’aurore pointait, et les premiers rayons du soleil illuminèrent les pierres du pieux cavalier: c’étaient les plus purs diamants.

Le maître dit: Les décisions de Dieu sont mystérieuses, mais elles penchent toujours en notre faveur. »[12]

 

Attention, ce texte ne porte pas de connotation pessimiste, je ne prône en aucun cas les événements négatifs. Il est évident que les choses positives peuvent aussi nous faire évoluer. Un des buts de l’éveil est pour moi d’atteindre le bonheur authentique et durable. Il est donc nécessaire de supprimer d’abord tous les sentiments négatifs que nous apportent les petits problèmes de la vie de tous les jours, et d’arriver à surmonter les grands malheurs pour en tirer des leçons.

 

 

 

 

 

3.2. Vivre le moment présent

 

 

« Le moment le plus important c’est le présent car si on ne s’occupe pas de son présent, on manque son futur. » Bernard Werber

 

Apprécier chaque seconde de notre vie dans n’importe quelle situation est un des idéaux qui guide celui qui cherche l’éveil. En effet, on peut constater que la plupart des mystiques ont une bonne humeur presque constante et qu’ils parviennent à se réjouir du simple fait de l’existence et de la vie. Ces gens rayonnent d’un amour sans condition. Le meilleur exemple actuel est, à mes yeux, le Dalaï Lama. Nous pouvons prendre aussi l’exemple de Jésus qui considérait chaque être à sa juste valeur : comme un enfant de Dieu et donc un frère.

 

Le but de tout être humain est d’atteindre le bonheur.

Pour être heureux, il est nécessaire d’apprécier le quotidien dans tous ses aspects. Mais pour parvenir à cela, il faut déjà arriver à se détacher de tout ce qui nous énerve dans la vie de tous les jours. Il est aussi bon de relativiser et de ne jamais oublier la chance que nous avons d’être en vie à cette seconde même. Ici intervient la conscience et l’acceptation de la finitude, il faut savoir que nous pourrions mourir tous les jours à des centaines d’occasions. Dans ce cas, pour ne pas que cela devienne une obsession, il faut se détacher de cette peur et voir d’un nouvel œil chaque seconde pour les considérer toutes comme une grâce qui nous est offerte. Et enfin, il me semble indispensable de travailler l’amour inconditionnel. Je pense que pour vivre pleinement le moment présent, il faut aimer chaque chose et chaque être car l’amour que l’on porte aux autres nous revient en quelque sorte et remplit notre cœur de bonheur. N’avez-vous jamais ce sentiment fugace que tout est beau, que vous aimez chaque chose? Lors de ces moments, l’amour que nous portons aux choses en appréciant leur beauté nous est bénéfique et nous remplit de sentiments positifs ou d’énergie positive selon les croyances. Comme le dit le proverbe chinois ; « de même que le fleuve retourne à la mer, le don de l’homme revient vers lui ».  L’amour fait partie de cette part de divinité que nous avons en nous et qu’il faut faire grandir. Ne dit-on pas que Dieu est amour ? On dit aussi que Dieu a fait l’homme à son image. Cela signifie que nous avons tous le potentiel nécessaire pour parvenir à cet  état de grâce qui se traduit par un amour inconditionnel, détaché, et omniprésent.

 

Le moment présent, en fait, est le seul qui existe. Le présent est une dimension infinie, elle ne s’arrête jamais d’exister et existe depuis le début. Le passé n’est plus et le futur n’est pas encore.  En conséquence, il n’y a que le présent qui compte. Par exemple, il ne sert à rien de s’inquiéter des événements avant leur arrivée, cela est inutile et ne changera rien. Un proverbe tibétain illustre bien cette idée : « Si un problème à une solution, il ne faut pas s’inquiéter, s’il n’en a pas, s’inquiéter n’y changera absolument rien ». Seule l’action est à même de solutionner les problèmes. Pourquoi se laisser déranger par des sentiments négatifs qui n’apportent rien de positif par la suite? 

 

De plus, « présent » ne signifie-t-il pas aussi cadeau? En effet je pense que chaque moment est un cadeau. La vie étant une suite de moments présents tous différents, elle est un énorme cadeau.

Au-delà du quotidien, un autre aspect intéressant du présent est le fait qu’il soit constamment le résultat ultime de tous les autres moments vécus, de tous les choix, de toutes les actions qui l’ont précédé. Il est l’aboutissement de milliers d’années d’évolution.

 

Je pense qu’une manière d’apprécier et de vivre pleinement le quotidien est d’être dans ce que l’on fait. Lorsqu’on fait la vaisselle ou une autre activité peu amusante, il faut voir uniquement l’action que l’on réalise et l’effectuer de manière consciencieuse. Faire la vaisselle avec amour et intérêt rend la tâche bien plus agréable. On ne voit plus le temps passer puisqu’on ne s’occupe que de ce que nous faisons. L’impatience et le temps qui passe trop vite ou trop lentement ne sont que des conséquences de la division du temps en heures, minutes, secondes. Ces notions sont tout à fait subjectives selon l’état d’esprit dans lequel nous sommes. Un moment agréable passe, en temps relatif, bien plus vite qu’un moment désagréable. Quand on ne s’occupe pas de l’heure, aucun moment ne paraît plus long qu’un autre.

 

3.3. Chercher la nature profonde de l’être pour pardonner

 

Mieux se connaître, c’est aussi pouvoir mieux appréhender la nature profonde de l’humain. Il en découle un changement dans le comportement vis-à-vis des autres mais aussi vis-à-vis de soi.

Une des valeurs importantes de l’éveil est le pardon. Je pense que lorsqu’on connaît vraiment quelqu’un, on pardonne beaucoup plus vite toutes les erreurs commises. On ne s’arrête plus à toutes ces choses futiles qui modifient un certain temps la façon dont on voit la personne. On comprend mieux ses erreurs et on sait qu’elles n’ont aucun impact sur ce qu’elle est profondément. Nous sommes plus aptes à aider, à conseiller cette personne si nous la connaissons réellement. Se pardonner aussi ses propres erreurs est nécessaire pour avancer sur le chemin sans être freiné par un sentiment négatif récurrent comme le regret ou la culpabilité qu’on traîne tel un boulet au pied.

L’attention que l’on porte à une personne lorsqu’on veut la connaître au-delà de ses étiquettes est sincère et pure. Cette personne se sentira respectée et écoutée, ce qui permettra à un climat d’entente de s’installer, et peut-être à une amitié authentique de naître. Selon certaines croyances, chaque personne que l’on rencontre porte un « message » à nous délivrer[13]. Que ce soit par le biais d’une parole claire ou d’une conclusion que vous tirez suite à l’échange, cela n’a pas d’importance. Il est bon de montrer de l’amour, de l’intérêt et du respect envers notre interlocuteur pour en quelque sorte lui transmettre de l’énergie positive.   C’est dans ces conditions que la rencontre est la plus enrichissante. N’attendez pas de chaque personne qu’elle vous dise des paroles sages. Message ne signifie pas prophétie. Cela veut dire que nous pouvons retirer quelque chose de positif à chacune de nos rencontres si nous agissons de manière adéquate. Souvent, on ne trouve pas de sens au moment même, mais peut-être que quelque chose s’est imprimé en nous et que cela nous aidera en temps voulu et à notre insu.

 

 

 

 

 

3.4. Le bonheur

 

« Faites les hommes heureux, vous les rendrez meilleurs. » Victor Hugo

 

Comment ne pas parler du bonheur dans un travail sur la sagesse ? En effet, la sagesse est le moyen de prédilection pour atteindre le bonheur véritable et permanent, ce qui est à mes yeux le but ultime de la vie d’une personne. Chacun le recherche mais attention à ne pas croire qu’il signifie la même chose pour tous. Le bonheur est plus proche d’un état d’esprit que d’une satisfaction extérieure. Dans son livre « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes », Albert Jacquard exprime sa conception du bonheur. Elle est fort proche de la mienne c’est pourquoi je vais l’exprimer avec mes mots.

 

Il faut tout d’abord bien distinguer bonheur et plaisir, ce sont deux choses fondamentalement différentes qu’il est très dangereux de confondre. Le plaisir est une satisfaction passagère, limitée, procurée souvent par les sens. Le bonheur, lui, désigne un état stable et complet. Il désigne une harmonie de toute notre personne mais aussi une harmonie avec tout ce qui nous entoure. Le bonheur confond le présent et le futur, il est une attitude intérieure où se mêlent la joie d’une réalité présente et le dynamisme vers un futur souhaité. A. Jacquard dit: « Le bonheur est à la fois éblouissement et espoir. » [14]

 

Si le plaisir nous est procuré par le corps, le bonheur lui ne concerne pas une seule des quatre composantes de l’homme (le corps, l’âme, l’esprit ou le cœur). Il est un tout, ou du moins une harmonie de TOUT. Pour cela, nous devons être en paix avec nos différentes composantes et notre entourage. Il est très dangereux de confondre plaisir et bonheur car un trop grand plaisir peut détruire ou en tout cas altérer l’harmonie qui devrait exister entre notre corps, notre personne et le monde qui nous entoure. Je pense bien sûr à tout ce qui est drogue, jeux vidéo, etc… L’absence de plaisir peut créer une frustration de nos pulsions, cela peut même créer des dégâts si ces pulsions sont refoulées dans notre subconscient et accumulées. Comme le dit souvent Bernard Werber, la meilleure place est à mi-chemin entre les deux extrêmes. C’est pourquoi il me semble intéressant de modérer ses plaisirs. C’est assez proche de ce qu’Epicure[15] pensait. Contrairement à la croyance répandue, Epicure ne prônait pas les plaisirs matériels sans limites. Il prônait la modération ou même la temporisation du plaisir pour que celui-ci en reste un. Selon Epicure, il fallait peser les conséquences possibles de ce plaisir et agir de manière réfléchie. Il parlait beaucoup des effets secondaires et de l’altération des plaisirs lorsqu’ils sont répétés trop souvent et trop peu éloignés dans le temps.

 Il est important de noter aussi que l’absence des plaisirs et l’acceptation de cette absence peut apporter une sérénité qui est une des formes du bonheur. C’est cette forme de bonheur que cultivent les moines Bouddhistes.

 

J’ai déjà parlé de ces moments furtifs où tout parait beau et agréable. Selon moi, le bonheur ressemble à cela et je pense que chacun a eu l’occasion de vivre un tel instant. Voici la preuve que le bonheur est accessible à tous. D’ailleurs, l’article 1 de la constitution française de 1793 toujours en vigueur aujourd’hui stipule: « Le but de la société est le bonheur commun ».

Néanmoins, le bonheur est quelque chose d’individuel, ce n’est pas une valeur comme la justice ou la liberté que l’Etat peut nous apporter. L’Etat ne peut nous apporter que la possibilité d’être heureux grâce à la justice, la liberté. Et encore, toutes ces valeurs contribuent peut-être au bonheur mais elles ne sont ni  nécessaires ni suffisantes. La quête du bonheur est une aventure personnelle pour laquelle nous pouvons être aidés mais où la plus grande partie du travail nous est réservée. Il ne faut jamais croire que nous ne pouvons pas être heureux pour telle ou telle raison extérieure à nous, ou à cause des autres car le bonheur se trouve en nous. Il ne faut pas le chercher ailleurs que dans le présent et en nous[16]. Une fois qu’on l’a trouvé, l’état d’esprit change et le futur ne nous fait plus peur puisque nous nous sommes fait du présent un ami.

 

 

 

3.5. Vivre avec les autres

 

« Apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots. » Martin Luther King

 

Nous ne prenons conscience qu’il existe d’autres personnes qui pensent et agissent de manière individuelle qu’en grandissant. Le bébé pense qu’il est le seul à compter  voire même à exister. Petit à petit, l’autre, au sens large du terme, prend une place de plus en plus grande (ex: à l’école, à la crèche…).

Comment gérer ce nouveau rapport avec l’autre? Que représente-t-il par rapport à moi et mon existence? Quelles sont les interactions possibles entre lui et moi? Quels sont les devoirs que nous avons l’un envers l’autre? Ces questions me semblent importantes, elles sont pour la plupart du domaine de l’éthique. C’est pourquoi il est

 

Nous avons trop souvent mal interprété cette phrase de Sartre:« L’enfer, c’est les autres » pour exprimer le fait qu’ils empiètent sur notre liberté. Cette phrase n’était qu’une réplique d’une de ses pièces de théâtre où les protagonistes se retrouvaient comme en enfer mais dans une petite pièce enfermés à plusieurs pour l’éternité. Sartre voulait dire que nous nous créons notre enfer en étant dépendant du jugement des autres. L’enfer, ce n’est pas les autres, c’est le fait de se sentir exclu, jugé ou ridiculisé par ceux-ci. Il faut apprendre à se détacher du regard des autres et de leurs jugements hâtifs. Entrer en relation amicale avec eux sans les juger est important pour communiquer. Et communiquer dans le respect est la meilleur façon de rendre agréable le rapport avec autrui. L’exclusion n’est pas la solution. Certes les moments de solitude choisis sont importants pour la spiritualité mais il n’y a rien de plus désolant que d’avoir besoin de communication et de ne trouver personne qui veuille entrer en relation avec nous.

 

En effet, nous ne pourrions exister sans les autres. L’autre est porteur de sens, il me permet de prendre conscience de moi-même. Il me donne un reflet extérieur. Jamais nous ne pourrions répondre à cette question fondamentale : « Qui suis-je? »

Sans avoir de contact avec autrui. C’est à travers eux et nos réactions que nous apprenons à découvrir vraiment notre personnalité, pour ensuite cibler nos lacunes et réaliser un travail sur nous-mêmes destiné à nous rendre meilleurs.

De plus, l’être que nous sommes n’est pas uniquement le résultat du patrimoine génétique que nous avons reçu de nos parents. Ce n’est pas non plus le résultat d’un cheminement interne, solitaire. Nous avons été entièrement façonnés par nos échanges avec l’autre. Nous sommes les liens que nous tissons avec les autres en quelque sorte. Cette façon de voir anéantit la séparation entre les autres et ma personne.

 

Toutefois, ces échanges avec autrui nécessitent certaines « règles » de morale ou d’éthique sans lesquelles nous retombons dans des relations où, en effet, « l’enfer, c’est les autres ». La condition première de toute communication est le respect.

J’ai bien dit le respect et non la tolérance. Il existe une différence fondamentale de sens entre ces deux termes. Tolérer, c’est se croire en position de domination, de jugement. C’est s’estimer bien bon d’accepter l’autre malgré ses différences. Il ne faut pas voir la chose de cette manière, c’est justement la différence de l’autre qui va pouvoir peut-être m’enrichir. Respecter l’autre, c’est le considérer comme une partie de soi, comme son égal. Car nous appartenons au même TOUT, nous nous sommes tous construits mutuellement. Nous sommes tous frères et, comme l’a dit Jésus: « Ce que vous faites au plus petit d’entre vos frères, c’est à moi que vous le faites »Mt 25, 40. De plus le second commandement n’est il pas: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

Pour conclure, je vais insister sur le fait que l’aspect spirituel de la vie est au moins aussi important sinon plus que le domaine matériel. Un homme ne sait pas être totalement équilibré en négligeant complètement le domaine spirituel des choses. Cela crée un malaise que nous pouvons aisément constater dans la société actuelle. L’occident s’est enlisé dans le matérialisme et dans la quête du profit. Il est maintenant urgent de rétablir l’équilibre sans quoi notre santé mentale et même notre planète est menacée.

 

Certains placent le profit financier en priorité par rapport à la conservation de notre terre. D’autres se préoccupent avant tout de leur personne. Dans nos rues, les gens sont pressés, ils ne se regardent pas et ne se saluent pas. Qui n’a jamais remarqué notre manque d’hospitalité et de gentillesse, notre individualisme en comparaison avec d’autres cultures comme la culture africaine. Ces faits caractérisent une lacune dans notre mode de vie.

 

Notre société de consommation prône des valeurs superficielles comme l’apparence physique ou les plaisirs sensuels. Certains confondent alors le bonheur avec le plaisir ou la possession. Les publicitaires nous font croire que nous serons heureux avec leurs produits, mais cela n’arrive jamais. Cette frustration résulte du fait que nous cherchons le bonheur là où il n’est pas. 

 

Mon but dans ce travail fut de présenter d’autres valeurs, de proposer une autre voie que celle que notre société nous offre pour atteindre le bonheur. Parvenir à l’éveil ou à la sagesse me semble une manière bien plus sûre pour être heureux et en paix avec soi-même que d’acheter le dernier modèle de 4×4 pour impressionner le voisin.

 

Les difficultés rencontrées lors de l’écriture de ce travail ont été nombreuses. On peut dire en quelque sorte que j’ai voulu exprimer mon idéal de vie. Dans ce domaine, rien n’est totalement objectif. Je me suis donc efforcer de ne pas trop  m’épancher sur certains sujets. J’ai du aussi faire attention à ne pas trop exprimer de jugements de valeur. En effet, décrivant mon idéal, j’ai, de nombreuses fois, été tenté de sortir du sujet pour exprimer des idées qui me tenaient à cœur.

 

Un autre piège à éviter est de ne pas tomber dans l’ésotérisme. En effet, ces recherches m’ont souvent amenés à des récits sur les énergies, les auras, le destin, les anges, etc. Bien que cela m’intéresse, je n’ai pas jugé bon d’en parler car ces notions désignent des réalités sous forme de métaphores. Mais, mal interprétées, celles-ci auraient pu choquer les personnes les plus cartésiennes.

 

Pour ne pas perdre toute crédibilité auprès des lecteurs plus terre à terre, j’ai du remplacer certains termes par d’autres, moins abstraits, ou même supprimer des paragraphes entiers. Cela n’a cependant pas toujours été possible car certaines notions comme l’énergie positive ou le destin m’ont parues

 

 

Les trois grands axes retenus pour présenter mon travail me permettent d’introduire des thèmes très importants à mes yeux mais qui ne s’articulent pas obligatoirement selon une logique systématique et hiérarchique.

 

J’ai choisi ce sujet en sachant qu’il me poserait de grosses difficultés « académiques ». Mais j’attendais de lui qu’il m’enrichisse. Au terme de ce travail, j’en suis fort satisfait. Je pense qu’aucun autre sujet n’aurait pu m’apporter autant. Il m’a permis de clarifier mes propres pensées et m’a amené à beaucoup réfléchir sur différents points. Cela m’a procuré un réel bonheur.

 

 

Je vous remercie vivement pour votre lecture

 

 

 

 

 

Annexes

 

Annexe 1. Vocabulaire abstrait

 

Certains termes peuvent mener à des quiproquos ou des malentendus. D’autres ont plusieurs sens. Pour être le plus clair possible, je vais expliquer ici ce que signifient selon moi ces mots dont le sens est différent dans chaque esprit.

 

L’âme: Elle désigne cette partie abstraite de la personne qui nous relie à Dieu, au sacré. Quand je parle d’écouter ou de faire évoluer notre âme, je désigne en nous la partie qui sait ce qui est bon, bien ou mal, cette partie qui nous permet d’aspirer au meilleur. Nous en possédons tous une, mais nous avons le choix de l’étouffer ou de la faire fructifier. Les gens qui vivent en écoutant leur âme sont en pleine santé mentale car c’est notre partie spirituelle la plus importante. Ecouter son âme permet d’être clairvoyant par rapport à nos actions ou notre situation. Il est facile de reconnaître une pensée émanant de l’âme: elle nous apparaît comme évidente; en l’analysant nous comprenons que son application nous rendrait meilleur, l’idée est claire, dénuée de superflu et frappante par sa justesse.

 

Dieu : Je ne me revendique d’aucune religion, pourtant, je crois en Dieu. Ce terme ne désigne pas à mes yeux un être pensant tel que nous pouvons nous le représenter. Dieu transcende tout ce que notre esprit peut imaginer, comme l’a dit Moïse: nous ne devons pas en faire une effigie. C’est pour moi une force créatrice immuable. Certains l’appellent la Nature, la Vie, Allah, etc. Mais ce ne sont que des mots pour définir cette même réalité qui nous a permis à tous de vivre. J’utilise souvent le terme « Dieu » car ma culture lui a donné ce nom mais ne vous arrêtez pas au mot ou à l’image d’un Dieu qui déciderait de tout. J’entends par là cette force créatrice qui nous guide discrètement tout au long de notre parcours. Elle est présente en chaque être, en chaque chose et à tout moment.

 

Un concept : Selon le Petit Larousse 1994, ce terme signifie une représentation intellectuelle d’une réalité conçue par l’esprit. Par exemple, le concept de la justice. C’est donc un ensemble d’idées qui sous-entend bien plus qu’un simple mot comme « chaise ».

Mais lorsque je l’utilise en disant « il faut transcender tous les concepts ancrés en nous pour  être clairvoyant et atteindre l’éveil », ce terme porte un sens plus large que la représentation intellectuelle. J’entends par là toutes ces choses qui modifient nos comportements et nous limitent comme la peur de la mort, de l’inconnu, le rationalisme. Par exemple, dans notre société matérialiste, nous mettons de côté les choses que nous ne pouvons par prouver de manière tangible comme la guérison par la pensée, les médiums, etc. Nous nous fermons des portes à cause d’un concept que l’esprit scientifique nous a inculqué: «  tout ce qu’on ne peut pas démontrer n’existe pas » .Voilà ce que j’entends par le mot concept.

 

La personne : j’entends par là bien plus que l’aspect physique de l’être. Ce mot englobe toutes les composantes de l’être humain comme la personnalité, l’esprit, etc. Dans ce sens, la personne est un concept très vaste et tellement complexe qu’il ne peut se réduire à un adjectif ou un mot comme colérique, excentrique… Ce que je veux exprimer dans ce passage, c’est le fait que juger une personne est un acte qui sous-entend que l’on en connaisse toutes les facettes. Cela étant impossible, nous devons nous abstenir de juger les gens.

 

 

 

, etc. Nous nous fermons des portes à cause d’un concept que l’esprit scientifique nous a inculqués, les choses que nous ne pouvons pas prouver de manière tangible comme la guérison par la pensée, les paradigmes.

 

 

2. Platon et la politique

 

Parmi les nombreuses choses que Platon nous a laissées, nous pouvons citer son modèle de l’état idéal. Il prône une république gouvernée par des philosophes et se réfère au corps  pour l’argumenter. Comme pour l’âme, Platon le divise en trois parties : la tête, le tronc et le bas du corps. La tête est le siège de la raison, le tronc celui de la volonté et le bas du corps celui des envies. Les mêmes qualités que celles de l’âme y sont associées : la raison doit se donner pour but la sagesse, la volonté doit faire preuve de courage et il faut brider les désirs pour que l’homme fasse preuve de mesure. Il n’y a que lorsque ces trois parties fonctionnent correctement pour former un tout que nous avons affaire à un homme  « harmonieux » selon Platon. L’état étant une entité « humaine », il doit fonctionner de la même manière. Chacun doit y être à sa place et remplir un rôle adéquat pour former un tout harmonieux. Les philosophes, par la raison,  doivent gouverner; les ouvriers, paysans doivent travailler et les guerriers doivent défendre. On constate une certaine déviance totalitaire dans sa conception de l’état…

Pour l’éducation, les enfants doivent d’abord apprendre à contenir leurs désirs puis à augmenter leur courage et enfin, des études poussées, principalement scientifiques, développent leur raison. Il fut le premier à prôner des jardins d’enfants et des écoles communales. Selon lui, l’éducation est une chose bien trop importante pour la laisser à l’appréciation de chacun.

Platon place la femme au même niveau que l’homme ce qui est rare pour l’époque. La raison est le plus important; hommes et femmes en sont tous deux dotés. Donc, si nous interdisons aux femmes les études et les postes de dirigeants, nous perdons une moitié de la composante la plus noble. L’harmonie serait donc anéantie. Malheureusement, ses idées trop avant-gardistes pour l’époque connurent un échec au point de vue politique. Remarque

Les idées de Platon ne doivent pas être assimilées sans esprit critique. Il faut les remettre dans leur contexte. Ses principes ne sont pas absolus d’ailleurs, un de ses élèves, Aristote, les critiqua et les adapta à ses croyances. Néanmoins, Platon nous a apporté matière à réfléchir ce qui est au fond bien plus important que de nous convaincre de ses théories. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annexe 3. Le bonheur est en nous

 

Comme le dit SS le Dalaï Lama, un homme sage entre tous, « Si vous n’avez pas une bonne attitude, même entourés d’amis chers dans des circonstances agréables, vous ne serez pas heureux. C’est pourquoi l’attitude mentale est plus importante que les conditions extérieures. Mon conseil est d’être plus attentifs à nos qualités mentales »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

Ce sujet étant très personnel, je devrais mettre dans cette bibliographie tous les livres que j’ai lus et qui m’ont amenés à découvrir ma voie, je vais donc en citer quelques-uns. Pour certaines parties comme la philosophie, je me suis appuyé sur des bases théoriques que je peux clairement noter. Mais ce n’est pas le cas de tous les thèmes.

 

Pour la partie « L’être occidental et la spiritualité », j’ai utilisé une idée développée dans la deuxième révélation, aux environs de la page 40.REDFIELD, J., La Prophétie des Andes, Robert Laffont, 1994.

 

Les questions existentielles m’ont été très bien présentées dans le cours de religion de 5ème année, je m’en suis donc inspiré en partie.

 

Pour la partie Philosophie, Socrate, Platon, Aristote: GAARDER, J., Le monde de Sophie, Seuil, 1995.

 

Pour « l’éthique », « le bonheur » et « les autres» j’ai suivis certaines pistes de réflexion proposées par:  JACQUARD, A., Petite philosophie à l’usage des non philosophes, Calmann-Lévy, 1997.

 

Les autres sujets me sont venus à l’esprit sans que je n’utilise de support extérieur pour les développer. Mais ma façon de concevoir les choses  vient de mes lectures antérieures. Voici les livres qui m’ont apporté ces idées:

CASTANEDA, C., Voir, Gallimard, 1973.COELHO, P., Comme le fleuve qui coule, Flammarion, 2006.COELHO, P., Maktub, Anne Carrière, 2004.COELHO, P., L’Alchimiste, Anne Carrière, 1994.

de MELLO, A., Quand la conscience s’éveille, Bellarmin, 1994.

DEUNOV, P., Le livre de l’éveil, Coeur de Phénix et éditions Ultima, 2006.

GOUGAUD, H., Les sept plumes de l’aigle, Seuil, 2002.

JACQUARD, A., A toi qui n’es pas encore né(e)

 

 

NARBY, J., Le serpent cosmique, Terra Magna Georg Editeur, 1995.

REEVES, H., Patience dans l’azur, Seuil, 1981.SCHMITT, E-E., Hôtel des deux mondes, Albin Michel, 1999.SCHMITT, E-E., Oscar et la dame rose, Albin Michel, 2002.

SIEGEL, B., L’amour, la médecine et les miracles, Robert Laffont, 1989.

 

CD audio: SS le Dalaï Lama, L’art du bonheur, d’après le livre, L’art du

                  bonheur, SS le Dalaï Lama, Robert Laffont, 1999.

 

Sans oublier, tous les Bernard WERBER qui m’ont ouvert les yeux sur le fait que la lecture est une mine de savoir.


[1]J’ai expliqué en annexe 1 ce que j’entends par certains mots ayant différentes significations. 

[2]Voir annexe 1, vocabulaire abstrait

[3]Idem

[5] Voir 1.2. L’être occidental et la spiritualité, page 6

[6] Dans son livre,« Patience dans l’azur », Hubert Reeves présente l’évolution de la matière depuis le big bang. On y remarque un nombre important de facteurs qui auraient pu ne pas être là et sans quoi l’univers n’aurait jamais pu sortir de son chaos initial. Est-ce une coïncidence ou bien tout était-il prévu depuis le début par une puissance supérieure ? C’est à chacun de se forger personnellement une opinion.

 

[7] *Voir en annexe 1 plus de détails sur cette idée.

[8]Pour plus de détails sur Démocrite, voir « le monde de Sophie » p 59-63

[9]Pour plus de détails, voir p 45-57 du Monde de Sophie

[10] Un bel exemple de cette conscience religieuse élargie est « Le livre de l’éveil » de Peter Deunov. Je le conseille vivement.

[11]Un livre très intéressant sur  ce point est « L’amour, la medecine et les miracles » du Dr Bernie S. Siegel, Robert Laffont, 1989.

[12]Maktub, Paulo Coelho, p39

[13]Cette idée est développée dans « La prophétie des andes ». Voir bibliographie

[14]Voir « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes », A. Jacquard, Calmann-Lévy, 1997, p29

[15]Epicure est un philosophe grec ayant vécu vers 300 avant Jésus-Christ.  Pour plus de détails, voir « le monde de sophie », J. Gaardner, Seuil 1995, p 152

[16] CF: Petit proverbe en annexe3

 

 

 

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